Ces petits riens qui peuvent tout changer

… ou comment réenchanter son quotidien

J’enseigne le yoga. Je ne suis pas magicienne; et pourtant je peux vous dire que c’est le yoga qui a fait ressurgir la magie, la poésie dans ma vie. Ressurgir, oui ! Car lorsque j’étais enfant, la magie faisait partie de ma vie. L’univers dans lequel j’évoluais alors, était une autre réalité que celle proposée par notre société moderne, hyper rationaliste, ou n’a voix au chapitre que ce qui est tangible, vérifiable, quantifiable, classifiable et si possible monétisable. Cette magie me permettait de communiquer avec mes amis animaux, de me sentir en totale sécurité seule dans les bois, de voir la beauté et la joie partout, de m’émerveiller de tout et de me sentir en parfaite harmonie avec mon environnement.

Le choix du mot harmonie n’est pas innocent. En effet, il a été dit que l’univers ne serait que vibration. Je vous propose donc de considérer quelques instants l’univers, comme une grandiose symphonie. Une symphonie composée d’une multitude de mouvements, de mélodies, de notes, de sons. Du plus grand élément qui la compose au plus petit, tout est interconnecté. Tout est la Symphonie et la Symphonie est tout.

La Symphonie est.

Si l’on suit ce raisonnement, alors vous et moi sommes également de cette essence. Nous sommes cette Grande Symphonie; c’est juste que notre ego, notre sens du « je », nous fait nous sentir en dehors de la Symphonie.

Cette vision de l’existence est la vision philosophique qu’on appelle le non-dualisme. C’est en lisant les écrits fondateurs du yoga que j’ai découvert cette philosophie et qu’elle a aussitôt résonné en moi. Le non-dualisme se retrouve dans une partie de l’Hindouisme (l’Advaita Vedanta), dans le Bouddhisme, le Taoïsme, le Soufisme, mais aussi en Occident, par exemple chez le théologien et philosophe Catholique allemand de la fin du XIIIe siècle Maître Eckhart ou encore un peu plus proche chez Spinoza.

Chacun de nous résonne à sa manière, joue son rôle, a son importance et participe à cette grandiose symphonie qu’il ou elle le souhaite ou non, qu’il ou elle en soit conscient.e ou pas.

Nos sociétés modernes, extrêmement cartésiennes, matérialistes, productivistes encouragent cette tendance de l’être humain à se sentir détaché de la Grande Symphonie, en cultivant un individualisme forcené, sourd, aveugle et insensible à l’autre, au vivant, à la planète. En nous plaçant à l’extérieur, ou au dessus, nous perdons le lien et soudainement nous nous sentons très, très seuls et nous errons sans but dans l’Univers (la Grande Symphonie).


Il y a pourtant des petits gestes très simples qui peuvent nous permettre de nous réaccorder à la grande Symphonie, de « réenchanter » notre quotidien, de résonner, de retrouver la magie, notre magie, notre capacité à voir au delà des apparences du monde purement matériel, à ressentir (sentir à nouveau) les différentes couches qui composent la réalité. À sentir à nouveau que nous faisons UN avec la Grande Symphonie (UN avec tout le reste du vivant, UN avec la planète Terre, UN avec l’Univers).

Commençons par le commencement : LE RÉVEIL

Que nous ayons programmé une alarme ou que nous ayons la chance de pouvoir laisser notre corps s’éveiller naturellement, accordons-nous ici quelques secondes pour observer notre symphonie intérieure : le rythme de notre respiration, les battements de notre coeur, les sensations de notre corps, nos pensées, nos émotions. Prenons encore quelques secondes pour étudier l’état d’obscurité ou de lumière dans lequel est baigné notre chambre et pour méditer peut-être sur le jeu, chaque jour répété, du jour qui vainc l’obscurité. Si nous avons un compagnon ou une compagne (humain ou non humain) qui dort à côté de nous, prenons pleinement conscience de sa présence, de sa respiration, de sa propre symphonie.

Respirons avec gratitude.

Si l’on suit les préceptes de l’Ayurveda, du yoga ou de l’hindouisme, on est invités à se connecter dès le réveil à la Terre Mère « O Terre Mère qui a l’océan comme robe et des montages comme poitrine, s’il te plait pardonne-moi de te toucher avec mes pieds ». Par ce mantra, aussitôt que nous posons les pieds sur la Terre, nous nous relions à elle. Nous reconnaissons le lien qui nous unie, nous reconnaissons notre interdépendance, le respect que nous lui devons, nous reconnaissons l’unicité avec la Grande Symphonie.

Respect, humilité, harmonie, écologie.

Une amie m’a confiée que chaque matin elle ouvrait les rideaux et les volets de sa fenêtre puis disait bonjour au monde, à son jardin, aux arbres, arbustes et fleurs qui l’habitent. J’aime cette idée.

Pour ma part, en effectuant la balade matinale de mes deux chiens, il m’arrive de saluer de manière plus exhaustive le monde qui m’entoure :

Bonjour à tous les êtres du règne végétal, bonjour à tous les êtres du règne animal, bonjour à tous les êtres du règne minéral, bonjour aux êtres qui volent, à ceux qui marchent, qui rampent etc… bonjour au soleil, bonjour au vent etc… 

Vous pouvez également choisir de dire bonjour à votre corps, à ses différentes parties, à vos organes, particulièrement aux organes qui gouvernent vos 5 sens : vos yeux, vos oreilles, votre nez, votre langue, votre peau. Vous saluez ces différents organes qui composent votre corps et vous connectent avec votre environnement, et ce faisant vous déplacez votre conscience d’un endroit à l’autre. Observez, notez vos impressions (s’il ne semble rien se passer, c’est également une observation et cela ne vous empêche pas de continuer cette pratique chaque jour).

Bon réveil !

À VENIR : Comment réenchanter sa toilette, ses repas, ses intéractions avec les autres, ses moments de pause et son coucher, mais aussi pourquoi ne pas créer un autel etc...

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